Troubles auditifs 12 min de lecture Revu par un audioprothésiste

Acouphènes, sifflements et bourdonnements d’oreille : Causes et Solutions

Une femme assise près d’une fenêtre porte la main à son oreille

Un sifflement d’oreille naît sans bruit extérieur, et il peut peser sur toutes vos journées. Faut-il patienter ou consulter sans attendre ?

Cet article fait le tour des causes, des signes d’alerte et des solutions.

Quand faut-il consulter pour un sifflement ou un bourdonnement d’oreille ?

Un sifflement qui apparaît brutalement doit être examiné sans attendre. C’est surtout vrai s’il s’accompagne d’une baisse soudaine de l’audition, de vertiges, d’une douleur forte ou d’un écoulement. Certaines causes demandent une prise en charge en urgence.

Appelez les urgences ou consultez sans délai si vous observez :

  • Une baisse brutale de l’audition, dans une oreille ou dans les deux, même sans douleur.
  • Un mal de tête très violent et soudain, inhabituel, associé à un acouphène récent.
  • Une faiblesse du visage, un trouble de la parole, une perte d’équilibre ou une faiblesse d’un membre.
  • Un sifflement ou bourdonnement qui suit exactement le rythme du cœur, surtout lorsqu’il n’apparaît que d’un côté.
  • Des idées suicidaires, une détresse psychologique majeure ou l’impossibilité de dormir depuis plusieurs nuits à cause du bruit perçu.

Une baisse brutale de l’audition ne doit jamais être attribuée à un simple bouchon de cérumen sans examen. Le délai de prise en charge peut peser sur les chances de récupération. Contactez rapidement un médecin, un service d’urgence ou un médecin ORL.

Un rendez-vous médical ordinaire est justifié si vous constatez :

  • Un acouphène récent qui persiste au-delà de quelques jours.
  • Un bourdonnement qui ne touche qu’un seul côté.
  • Une gêne qui revient régulièrement.
  • Une difficulté à suivre les conversations.

Qu’est-ce qu’un acouphène ?

Un acouphène, c’est la perception d’un son dans une oreille, dans les deux oreilles ou dans la tête. Pourtant, aucun bruit extérieur ne produit ce son. Vous entendez donc quelque chose que personne d’autre ne perçoit. Les personnes concernées parlent le plus souvent de sifflements, de bourdonnements, de grésillements ou de tintements.

Le son peut ressembler à un sifflement aigu et continu. Il peut aussi être un bourdonnement grave. Cela dépend de chaque personne et du moment.

L’acouphène peut être permanent. Il peut aussi venir par moments. Il varie parfois selon l’heure, la fatigue, le silence, le stress ou un bruit fort récent. Vous pouvez donc le remarquer plus nettement certains jours.

Si le son suit les battements de votre cœur, on parle d’acouphène pulsatile. Ce type mérite un avis médical spécifique. Parlez-en à votre médecin.

On distingue les acouphènes aigus, qui durent moins de trois mois, et les acouphènes chroniques, qui persistent au-delà. Cette distinction indique leur durée. Elle ne suffit pas à dire s’ils sont graves.

Pourquoi survient un acouphène ?

Dans bien des cas, l’acouphène apparaît quand le système auditif interprète mal les signaux nerveux. Cela arrive souvent après une atteinte de l’oreille interne ou une baisse de l’audition. Le mécanisme exact reste variable et, parfois, impossible à identifier.

La presbyacousie est une cause fréquente. Il s’agit de la perte progressive de l’audition liée à l’âge. Les cellules sensorielles de l’oreille interne deviennent moins efficaces. Le cerveau reçoit alors moins d’informations sonores.

Une exposition forte ou longue au bruit peut provoquer un traumatisme sonore. C’est le cas après un concert, un usage répété d’écouteurs à volume élevé, un travail près de machines bruyantes ou une détonation.

Les causes liées à l’oreille et à l’audition comprennent notamment :

  • Une baisse auditive liée à l’âge ou au bruit.
  • Un bouchon de cérumen.
  • Une otite ou une autre infection de l’oreille.
  • Une maladie de Ménière, souvent associée à des vertiges et à une sensation d’oreille pleine.
  • Une atteinte de l’oreille moyenne ou de la trompe d’Eustache.
  • Une hyperacousie, c’est-à-dire une sensibilité excessive aux sons.

Certains médicaments peuvent abîmer les structures de l’audition. Le risque dépend du contexte et de la dose. Signalez toujours vos traitements à votre médecin. N’arrêtez pas un médicament prescrit de vous-même.

Un acouphène pulsatile peut venir d’une circulation sanguine turbulente ou d’une anomalie vasculaire. Il peut aussi être lié à une modification de la pression autour du cerveau ou à une lésion de l’oreille moyenne. C’est pourquoi un examen ORL, et parfois une imagerie, est nécessaire.

Vous pouvez agir sur certains facteurs. Protégez votre audition dans un travail bruyant. Dormez suffisamment et limitez les périodes de stress intense. Ces habitudes peuvent atténuer la gêne ressentie.

L’âge, les antécédents de traumatisme sonore, certaines maladies de l’oreille, des particularités vasculaires et certaines atteintes neurologiques peuvent favoriser les acouphènes. Ce ne sont pas des choix personnels. Un facteur de risque augmente une probabilité sans être forcément la cause directe du symptôme.

Comment les acouphènes se manifestent-ils et quel est leur retentissement ?

Les sifflements et bourdonnements d’oreille peuvent rester discrets pendant une journée animée. Ils deviennent parfois très présents dans le calme, au coucher ou quand vous êtes fatigué. Leur intensité ressentie ne reflète pas toujours le niveau de perte auditive.

  • Sifflement aigu : après une exposition sonore, le soir ou dans le silence. Retentissement possible : difficulté à détourner l’attention du son.
  • Bourdonnement grave : continu ou intermittent, parfois associé à une oreille pleine. Retentissement possible : gêne dans les conversations et sensation de pression.
  • Acouphène pulsatile : synchrone avec les battements du cœur. Retentissement possible : nécessite une évaluation vasculaire ou ORL.
  • Bruit variable : fluctue avec la fatigue, le stress ou l’environnement sonore. Retentissement possible : impression de perte de contrôle et anxiété.
  • Acouphène persistant : présent depuis plus de trois mois. Retentissement possible : troubles du sommeil et baisse de qualité de vie.
  • Acouphène invalidant : gêne importante malgré les adaptations. Retentissement possible : isolement, difficultés professionnelles ou détresse psychologique.

Un acouphène persistant n’est pas forcément invalidant. Votre gêne dépend aussi de l’attention que vous portez au son, de votre anxiété, de votre sommeil, de votre état émotionnel et de votre contexte de vie.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Le médecin commence par vous demander l’histoire de vos symptômes.

Il recherche :

  • la date d’apparition
  • l’oreille concernée
  • le caractère continu ou intermittent
  • la présence ou non d’un rythme pulsatile
  • l’exposition au bruit
  • une éventuelle baisse auditive
  • des vertiges
  • une douleur
  • un écoulement
  • des troubles du sommeil
  • le retentissement psychologique

Ensuite, l’examen clinique comprend en général une otoscopie. Ce petit examen permet de regarder le conduit auditif et le tympan. Le médecin vérifie aussi votre audition, votre équilibre et votre système neurologique. Si besoin, il examine la tête et le cou.

L’audiométrie, souvent appelée audiogramme, mesure les sons les plus faibles que vous entendez. Elle teste plusieurs fréquences, par voie aérienne et parfois par voie osseuse. Elle montre si votre audition baisse, à quel degré, et compare les deux oreilles.

Une IRM des conduits auditifs internes peut être proposée. C’est le cas si l’acouphène touche une seule oreille ou est inégal d’un côté. Elle est aussi utile en présence d’une baisse auditive, de signes neurologiques, de vertiges ou d’autres signes ORL. Pour un acouphène des deux côtés, identique, sans autre signe, elle n’est pas systématique.

Si l’acouphène bat au rythme de votre pouls, le médecin peut demander une imagerie des vaisseaux. Il s’agit d’une angio-IRM ou d’un angio-scanner. Le choix dépend de l’examen clinique et de l’audiométrie.

En France, votre médecin généraliste fait souvent la première évaluation. Il repère les signes d’alerte et vous oriente. Ensuite, l’ORL complète le bilan avec un examen spécialisé, des tests auditifs et les imageries utiles.

100 % gratuit

Faites le point sur votre audition

Votre bilan auditif gratuit dans un centre Au Petit Son.

01 78 90 19 73

Quels traitements peuvent aider ?

Le traitement dépend de la cause, du niveau d’audition et du caractère pulsatile ou non de l’acouphène. Il dépend aussi de son effet sur votre sommeil, votre concentration et votre vie sociale. La décision se prend avec votre médecin, après un point clair sur les bénéfices et les limites de chaque option.

Traiter la cause quand elle est identifiée

Lorsque la cause est confirmée, plusieurs prises en charge peuvent réduire ou supprimer l’acouphène :

  • le retrait médical d’un bouchon de cérumen
  • la prise en charge d’une infection
  • le traitement d’une affection de l’oreille moyenne
  • l’évaluation et la prise en charge d’une maladie de Ménière

Une cause vasculaire, neurologique ou tumorale reste rare, mais elle demande une prise en charge spécialisée. Ne tentez pas de la traiter avec des produits vendus comme remèdes contre les acouphènes.

Réduire la gêne et le retentissement

Les thérapies cognitivo-comportementales, ou TCC, aident à modifier vos réactions, vos pensées anxieuses et l’attention que vous portez au son. Elles sont recommandées dans la prise en charge des acouphènes invalidants, avec un niveau de preuve supérieur à celui des approches simplement présentées comme relaxantes.

Une thérapie sonore enrichit votre environnement avec un bruit doux, une musique calme ou un son régulier. Le but est de réduire le contraste entre le silence et l’acouphène. Son efficacité varie selon les personnes. Le son doit rester confortable, sans chercher à couvrir le sifflement à un volume élevé.

Un appareil auditif peut être proposé lorsqu’une baisse de l’audition gêne la communication : il restaure l’accès aux sons extérieurs et peut rendre l’acouphène moins présent. Il n’est pas indiqué uniquement pour un acouphène en l’absence de perte auditive.

Les médicaments, compléments alimentaires, plantes et produits présentés comme traitements spécifiques des acouphènes n’ont pas de preuve suffisante pour réduire durablement le symptôme. Certains traitements peuvent toutefois viser une maladie associée, l’anxiété, la dépression ou les troubles du sommeil.

La TRT, ou thérapie de réhabituation à l’acouphène, associe une information thérapeutique et une exposition sonore progressive. Elle peut être discutée dans certains parcours. Les générateurs de sons ne sont pas requis pour tous les patients, et son indication doit être personnalisée.

L’implant cochléaire concerne des situations très limitées de surdité sévère ou profonde associée à un acouphène, après un bilan spécialisé. Il ne constitue pas un traitement courant d’un simple sifflement d’oreille.

Comment vivre avec des acouphènes ?

Pour vous endormir plus facilement, évitez le silence complet, surtout s’il rend le bourdonnement plus présent. Un son doux et continu peut vous aider : une musique calme, un ventilateur ou un bruit naturel. Il détourne votre attention sans masquer totalement l’acouphène.

Gardez un niveau sonore confortable. Limitez les écrans stimulants avant le coucher. Dormez à des horaires réguliers. La fatigue rend le sifflement plus sensible et réduit votre capacité à vous adapter.

Si vous ressentez une forte détresse, une humeur dépressive, des crises d’anxiété ou des idées suicidaires, consultez rapidement un psychologue ou un psychiatre. Ce soutien vient en complément du suivi ORL et auditif.

Peut-on prévenir les acouphènes ?

Protéger vos oreilles réduit surtout le risque d’acouphènes liés au bruit. En revanche, cela ne suffit pas à empêcher toutes les formes, notamment celles liées à l’âge, à une maladie de l’oreille ou à une cause vasculaire ou neurologique.

Pour limiter l’exposition sonore :

  • Maintenez le volume des écouteurs sous 60 % du maximum, avec des pauses régulières.
  • Portez des protections auditives bien ajustées dans les concerts, les festivals, les ateliers et les chantiers.
  • Privilégiez des écouteurs ou un casque adaptés, éventuellement à réduction de bruit, pour éviter de monter le volume dans les transports.
  • Consultez si un sifflement persiste après une exposition sonore intense.

Évitez de porter des bouchons en permanence dans un environnement calme. L’isolement sonore peut rendre les acouphènes plus perceptibles chez certaines personnes. Utilisez-les seulement lorsque vous êtes réellement exposé au bruit.

Un bilan auditif permet de repérer une baisse de l’audition. Il vous aide aussi à envisager rapidement une protection ou un accompagnement adaptés. C’est particulièrement utile si vous avez souvent été exposé au bruit ou si vous comprenez moins bien les conversations.

Un acouphène n’appelle pas un traitement unique : c’est l’identification de la cause, avec votre médecin, qui oriente la suite. Avant de choisir une solution, faites établir l’origine du symptôme, suivez le plan proposé et signalez tout retentissement sur votre sommeil ou votre moral.

Foire aux questions

Comment se débarrasser des acouphènes naturellement ?

Aucune méthode naturelle ne supprime de façon fiable tous les acouphènes. Un sommeil régulier, la baisse du stress, une activité physique et un environnement sonore doux peuvent toutefois réduire la gêne. Si l’acouphène persiste, recherchez une cause médicale avant de compter sur ces seuls gestes.

Est-ce que les acouphènes peuvent disparaître ?

Oui, quand la cause est temporaire, par exemple une exposition ponctuelle à un bruit fort, un bouchon de cérumen ou une affection de l’oreille traitée, l’acouphène disparaît souvent. Lorsqu’il accompagne une perte auditive, il peut rester, mais sa gêne se réduit nettement avec une prise en charge adaptée.

Quel est le meilleur traitement pour les acouphènes ?

Il n’existe pas de traitement unique qui convienne à tout le monde. La thérapie cognitivo-comportementale, ou TCC, est l’approche recommandée pour réduire la détresse liée à l’acouphène. Un appareil auditif peut s’ajouter lorsqu’une baisse de l’audition gêne la compréhension des conversations.

Pourquoi mon oreille bourdonne ?

Le bourdonnement peut venir d’une baisse de l’audition, du vieillissement, d’un bruit trop fort, d’un bouchon de cérumen, d’une infection ou de certains médicaments. Un bourdonnement qui bat au rythme du pouls, qui survient brutalement, qui ne touche qu’un côté ou qui s’accompagne d’une baisse d’audition doit être examiné rapidement.

Comment traiter un bourdonnement d’oreille ?

Commencez par un examen médical et un bilan auditif pour chercher une cause que l’on peut corriger. Si aucune cause n’est trouvée, le but est de réduire la gêne, avec une TCC, un enrichissement sonore doux, un appareil auditif en cas de perte d’audition et un suivi coordonné entre médecin et audioprothésiste.

Noam Attia

Article revu par

Noam Attia

Audioprothésiste diplômé d’État

RPPS : 10008547878

Sources et références

100 % gratuit

Faites le point sur votre audition

Votre bilan auditif gratuit dans un centre Au Petit Son.

01 78 90 19 73
  • Audioprothésistes diplômés d'État

    Professionnels de santé agréés et certifiés

  • Facilités de paiement

    Règlement en plusieurs fois possible

  • Partenaire 100% Santé

    Appareils auditifs dés 0 €

  • Suivi et réglages illimités

    À vie, dans tous nos centres

  • Conventionné tiers payant & mutuelle

    Sécurité sociale et mutuelles

  • Appareils auditifs garantis 4 ans

    Garantie constructeur incluse